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Dimanche 6 janvier et 13 janvier 2013. France 3 fait découvrir à la France une mini série américaine acclamée et moult fois récompensée de par le monde : Mildred Pierce. Une belle réalisation sur fond de -grosse- crispation humaine.
Le pitch. Dans les années 30, Mildred Pierce est une femme au foyer comme les autres jusqu’à ce que son mari la trompe et quitte le domicile familial, la laissant seule avec ses leurs deux filles. Elle sera alors obligée de travailler et de fil en aiguille, construira un business florissant dans la restauration.
L’histoire en elle-même est commune et malheureusement bien banale.
Mais pour comprendre l’engouement de cette série, tirée du roman de James M. Cain (1941), il faut se détacher de l’ambiance 30’s remarquablement conçue pour s’attarder sur la psychologie des personnages.
Selon la plupart des critiques, cette femme « forte » qui fait tout pour « conserver sa fierté » est en avance sur son temps. Je ne vois pas où il y a de la fierté à s’écraser devant les hommes et les enfants. Bien que la série soit magnifiquement réalisée, la qualité première ET le défaut de l’œuvre sont ses acteurs, profondément justes.
Lorsque sa plus jeune fille meurt, Mildred reste seule avec son aînée, Veda. Un esprit diabolique qui reproche à sa mère jusqu’à sa conception et l’affuble de tous les défauts possibles. Au final, elle lui volera absolument tout, principalement sa dignité. Mildred Pierce n’a qu’un désir : tout donner à ceux qu’elle aime pour que ceux-ci l’aiment en retour. C’est ainsi qu’elle va accepter les tromperies, les mensonges, les trahisons, allant jusqu’à pardonner avant que la faute ne soit commise. Aimer son enfant est une chose. Mais lorsque que celui-ci a les traits du diable, il faut songer à se protéger soi-même et le laisser se débrouiller. D’ailleurs Veda demande rarement de l’aide à sa mère. Cette dernière va au devant de tous ses caprices, lui donnant l’occasion de la rabaisser encore et toujours.
Jusqu’à ce que sa fille commette la trahison ultime d’une manière plus que détestable (je me suis surprise à hurler devant ma télévision), Mildred dit amen a tout, avec un amour malsain pour sa progéniture (la scène du baiser la nuit montre cette fascination pour cette enfant, une fascination presque incestueuse qui la dévore). A partir de là, quelque chose m’a dérangé dans ce film, de profondément ambiguë et dangereux. Probablement parce que j’ai connu quelqu’un qui se rapprochait follement de Veda…
Une esclave, voilà qui est Mildred Pierce. Esclave de la vie, des hommes et de son manque de confiance en elle. Certes, elle a probablement ses raisons et je ressens principalement de la pitié pour ce personnage, mais cessons de la considérer comme une femme forte en avance sur son temps. C’est une femme faible qui est totalement dépendante.
Toutefois, je reconnais que justement, cet énervement que j’ai ressenti prouve la réalisation parfaite du film. Kate Winslet et Evan Rachel Wood y sont stupéfiantes de justesse (énorme mention pour la jeune Morgan Turner qui joue Veda enfant et qui est bluffante à faire peur…)
Je le renommerais bien en « Le diable s’appelle Veda ».
Sonia Yildirim





J’avais découvert cette série l’année dernière et j’étais parvenue grosso modo aux mêmes conclusions que toi. On a envie de secouer Mildred et de lui dire: réveille-toi. « Le diable s’appelle Veda », pas mal comme titre
ah !!! je suis contente de voir que je suis pas la seule !